Où placer son argent ?

Après le premier article « Comment investir en Bourse intelligemment », voici le second volet de notre série pour améliorer ses finances personnelles : où placer son argent ?

Spoiler :

  • Videz vos comptes courants
  • Placez l’équivalent de 6 mois de dépenses sur un livret A ou un livret de développement durable et solidaire (LDDS)
  • Calculez les dépenses importantes que vous prévoyez dans les 5 prochaines années et placez ce montant dans des fonds euros d’une assurance-vie
  • Investissez tout le reste en Bourse.

Un de mes clients est venu me voir récemment pour optimiser ses placements. Il avait accumulé près de 50 000 euros qu’il laissait dormir depuis plusieurs années sur son compte courant. Quand je lui ai dit qu’il perdait 1500 euros d’intérêts par an, il est tombé des nues et n’a pas réussi à me parler pendant plusieurs minutes…

Malheureusement, il est loin d’être le seul. En France, plus de 500 milliards d’euros dorment sur des comptes courants qui ne rapportent rien. Cela représente aujourd’hui un manque à gagner d’au moins 500 euros par foyer et par an !

Les comptes courants sont utiles pour faire vos versements et vos retraits quotidiens, mais ce ne sont pas des comptes d’épargne. Laissez-y le minimum nécessaire pour ne pas être à découvert, puis placez vos économies sur des comptes qui génèrent des intérêts.

La remontée des taux ces deux dernières années devrait inciter les épargnants à optimiser leurs placements. Depuis début 2022, la rentabilité du livret A par exemple est passée de 0.5% à 3%. Des opportunités resurgissent mais il est facile de se perdre dans la jungle des comptes bancaires : livret A, livret de développement durable et solidaire (LDDS), livret jeune, livret d’épargne populaire (LEP), compte épargne logement (CEL), plan épargne logement (PEL), livrets bancaires, assurance-vie…

Quels sont les placements les plus rentables et combien y investir ?

Objectif 1 : créer un fonds d’urgence

Que se passerait-il si vous êtes licencié ou si vous devez subitement réparer votre voiture ? Pour vous protéger en cas de coup dur, vous devez avoir suffisamment d’économies facilement accessibles. Le fonds d’urgence est une réserve d’argent capable de couvrir vos dépenses indispensables tous les mois. Si vous ne connaissez pas ce montant, considérez que vous n’économisez rien et que vos dépenses indispensables sont égales à votre salaire.

La taille du fonds d’urgence varie en fonction de votre âge. Un jeune entrant sur le marché du travail n’a pas encore beaucoup d’économies et peut éventuellement revenir chez ses parents en cas de problèmes. Son fonds d’urgence peut se limiter à trois ou quatre mois de dépenses. Un trentenaire est généralement plus installé, moins flexible : il doit avoir une épargne plus solide couvrant au moins six mois de dépenses. Les risques augmentent en vieillissant (difficulté de retrouver un emploi, famille à charge, risque de divorce…), le fonds doit augmenter en parallèle. On recommande souvent de conserver un an de dépenses lorsqu’on atteint la cinquantaine et jusqu’à deux ans de dépenses lorsqu’on est retraité.

Le principal intérêt du fonds d’urgence est d’apporter une certaine sérénité. Cet argent doit donc être accessible à tout moment et placé sur des comptes sans risques comme le livret A ou le livret de développement durable et solidaire (LDDS). Par souci de simplicité, limitez-vous à ces deux comptes : ils sont respectivement plafonnés à 22 950 et 12 000 euros, ce qui suffit à couvrir 6 mois de dépenses pour 97% des Français.

Le taux de ces deux comptes est remonté à 3% depuis février 2023 mais si on tient compte de l’inflation, le taux net est quasi-nul. Ce n’est pas un problème, la rentabilité ne doit pas être ici votre préoccupation première : l’objectif du fonds d’urgence est de faire face à des dépenses imprévues, pas de faire grossir votre patrimoine.

Objectif 2 : créer un fonds moyen terme

Envisagez-vous des dépenses importantes dans les 5 prochaines années ?

  • Un apport pour emprunter et acheter un bien immobilier ?
  • Une voiture ?
  • Des travaux dans votre maison ?
  • Les études de vos enfants ?

Si vous prévoyez ce type de dépenses, prévoyez également leur financement. C’est le but du fonds moyen terme. L’argent n’a pas besoin d’être accessible immédiatement donc vous pouvez le placer sur des comptes plus rémunérateurs comme les assurances vie.

Les assurances vie sont le placement préféré des Français car elles sont à la fois un produit de protection et d’épargne. Votre argent sera placé sur deux types de supports au choix : les fonds euros investis principalement en obligations, et les unités de compte investies en actions ou en immobilier (donc plus rentables mais plus risquées).

Puisque vos dépenses sont prévues, privilégiez la sécurité offerte par les fonds euros. Ces fonds sont garantis (les unités de compte ne le sont pas) et vous pouvez les vendre à tout moment. Leur rentabilité nette de frais avait beaucoup baissé ces vingt dernières années et était tombée à un niveau proche de celui des livrets bancaires (entre 1% et 2%). Mais elle devrait augmenter à nouveau avec la hausse récente des taux. Pour améliorer un peu le rendement, certains assureurs proposent des fonds euros dynamiques qui investissent une petite part de leurs actifs dans des produits financiers plus risqués : le capital est toujours garanti mais la performance est plus aléatoire.

Contrairement au rendement des livrets bancaires – fixé par l’Etat et similaire dans toutes les banques – le rendement des assurances vie diffère d’un établissement à l’autre. Le rendement ne doit toutefois pas être votre premier critère de sélection car la performance passée ne permet pas de prédire la performance future. Essayez plutôt de minimiser les frais. Les frais sont connus à l’avance et divisent souvent la performance par deux voire plus. Privilégiez donc les assurances qui ont de faibles charges de gestion (de l’ordre de 0.5% annuel) et qui ne facturent ni frais d’entrée, ni frais d’arbitrage lorsque vous modifiez la répartition des actifs dans le contrat.

Objectif 3 : investir en Bourse

Les fonds euros, bien que légèrement plus rentables que les livrets bancaires, ne sont pas la panacée non plus. Ne laissez pas dormir vos économies trop longtemps sur des placements aussi peu rémunérateurs. Si vous n’avez aucun projet précis et que vous pouvez bloquer votre argent pendant cinq ans, investissez en Bourse.

Les actions rapportent historiquement 6% par an (hors inflation) et les obligations 1,5% (hors inflation aussi). En fonction du poids respectif des actions et des obligations, on peut donc espérer un rendement entre 3% et 5% sur son portefeuille. Largement supérieur à ce que vous pouvez obtenir sur des comptes d’épargne.

Le gros inconvénient de la Bourse est que ces rendements sont plus incertains. Les bonnes années votre portefeuille augmentera de plus de 10% ; les mauvaises années vous perdrez de l’argent. Mais plus on investit sur le long terme, plus ce risque diminue. Au-delà de 5 ans, vous avez statistiquement plus de 80% de chances que votre portefeuille boursier surperforme vos comptes bancaires. Au-delà de 10 ans, le pourcentage grimpe à plus de 90%. Rien n’est garanti mais la probabilité est élevée.

La Bourse a pourtant peu la cote auprès des particuliers : c’est dommage car il existe aujourd’hui des stratégies simples pour y investir en minimisant les risques. Cliquez ici si vous souhaitez vous lancer en Bourse.

Conclusion : foncez chez votre banquier pour optimiser vos placements

  • Videz vos comptes courants
  • Placez l’équivalent de 6 mois de dépenses sur un livret A ou un livret de développement durable et solidaire (LDDS)
  • Calculez les dépenses importantes que vous prévoyez dans les 5 prochaines années et placez ce montant dans des fonds euros d’une assurance-vie
  • Investissez tout le reste en Bourse.

Si vous souhaitez optimiser votre épargne, contactez-moi pour en discuter gratuitement.

Raphael Dazet

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